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(2001
- sur Mulholland Dr., en français)
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Panoramica
fotografica dedicata a otto crocevia
fondamentali nella realizzazione di Mulholland
Drive, commentata da David Lynch.
A
cura di
Serge Kaganski.
Pubblicata
sul n. 314 del settimanale musicale francese
Les Inrockuptibles (Novembre 2001).
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David
Lynch : "Tout
est parti du nom sur un panneau, la nuit, image
que j'ai reproduite au début du film.
Mulholland Drive est une route pleine de mystères.
Elle serpente tout en haut, au sommet des colines,
ménage de splendides panoramas, pleins
de virages serrés et surprenants, mais
c'est une route étroite, à deux
voies, qui est restée la même depuis
des années. dans certains secteurs, il
n'y a même pas d'habitations. Elle peut-être
tour à tour une route de danger ou de
romance... Cette route est un terrain de rêves,
c'est comme rouler vers l'inconnu. C'est vraiment
la genèse du film, la première
idée. Le lieu a beau se situer dans mon
voisinage, il sécrète quand même
du mystère. Aucune autre avenue, aucune
autre route ne suscite une telle fascination
chez moi, à part peut-être Sunset
Bvd - mais Sunset suscite un type de rêverie
différent, moins fort, moins mystérieux."
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Le
club
Silencio
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David
Lynch : "Un théâtre
est pour moi un endroit magnifique, magique, fait
pour les rêves. Quand on va dans uen salle
de théâtre, de cinéma, ou
de music-hall, on a un désir d'expérience,
on veut y vivre quelque chose qu'il est impossible
de vivre ailleurs. Et il y a ces lourds rideaux
rouges...
Les rideaux d'un théâtre détiennent
forcément un mystère, nous interrogent
sur ce qui se cache de l'auter côté.
La façon dont est filmé le club
Silencio, de l'extérieur, le fait plutôt
ressembler à un lieu de cauchemar."
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L'immeuble
"courtyard", où habite Betty

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David
Lynch :
"Ces immeubles structurés autour d'un
patio sont typiques de Los Angeles. Quand vous
y pénétrez, vous ressentez un sentiment
de forclusion, de chaleur protectrice. Entrer
dans un de ces immeubles, c'est comme retourner
dans un endroit utérin, mais un utérus
qui n'a rien de maternel. Ce type de lieu est
plutôt de l'ordre de la protection illusoire,
du secret, du désir, de la réclusion,
un endroit protégé de la sphère
publique, où tout peut arriver. Ce ne serait
pas pareil si ce type d'immeuble donnait directement
sur la rue. Mais là, derrière ces
murs et ces grilles, à l'abri des regards,
que peut-il bien se passer ?
En outre, pour le film, je voulais un immeuble
et un appartement qui recèlent un peu du
passé de Hollywood, du moins le parfum
de ce passé et des rêves qui ont
amené des gens dans cette ville. L'actrice
qui joue la concierge Coco (Ann Miller) est dans
ce business depuis soixante ans. Cette concierge
est peut-être une actrice ratée,
elle comprend la teneur du rêve qui fait
venir les jeunes filles à Hollywood, en
un certain sens, elle en fait elle-même
partie."
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La
cafétéria Winkie

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David
Lynch : "Ces vieux coffee-shops
sont fantastiques. C'est le type d'endroit où
j'aime aller régulièrement pour
rêvasser. Quelle que soit l'étrangeté
du rêve que l'on fait, on revient toujours
à la réalité chaleureuse
du coffee-shop où on peut commander une
ration supplémentaire de café...
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(2)

(3)
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...Le
café lui-même nourrit la rêverie.
De même que le sentiment de sécurité
éprouvé dans un coffee-shop est
propice à rêver. Beaucoup d'idées
me sont venues au coffee-shop. Je n'ai pas tourné
dans le Denny's de Sunset, mais des choses que
j'ai ressenties, ou vues, ou rêvées
au Denny's de Sunset ont influencé la scène
du coffee-shop dans le film."
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L'entrée
du studio Paramount
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David
Lynch : "Je n'ai pas filmé
le logo Paramount au dessus de la porte parce
que je n'en avais pas l'autorisation. C'est dommage,
ça aurait été un bel hommage
pour ce studio. C'est d'autant plus absurde que
tout le monde sait que cette porte est celle du
studio Paramount et que chaque spectateur aura
complété le plan de lui-même.
J'ai choisi cette porte et ce studio probablement
à cause de Sunset Boulevard de Billy Wilder.
Ce film est tellement beau, et cette porte est
tellement importante dans le film. Je trouve que
chaque studio devrait avoit un fronton qui fasse
rêver, comme Paramount."
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La
villa high-tech du cinéaste
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David
Lynch
:
"Quand on voti cette maison, on comprend
beaucoup de choses sur le personnage d'Adam. Le
style de la maison en dit long sur lui-même,
ses rêves, ses ambitions... Elle renseigne
sur son mode de vie, son statut social et son
goût du statut. Cela dit, après avoir
quitté cette maison luxueuse, on le voit
atterrir dans un hôtel borgne, et ça
en dit encore plus long sur lui, sur la complexité
de sa personnalité. Adam est aussi à
l'aise chez les riches dans les collines que dans
les quartiers louches de downtown."
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Dwarfland,
"le pays des nains", l'ensemble de bungalows
où vont espionner Betty et Rita
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David
Lynch : "Cet ensemble a été
construit à l'époque par Disney,
ça a servi un temps de studio d'animation.
Le style est inspiré de Blanche-Neige.
Je cherchais un lieu dont l'atmosphère
corresponde à mon histoire. Quand j'ai
découvert cet endroit, tout s'est mis en
place dans ma tête, c'était le lieu
idéal. Dans une ville comme Paris, il y
a des lois qui aident à préserver
une certaine unité architecturale. A Los
Angeles, du point de vue architectural, c'est
tout et n'importe quoi. On obtient cette étrange
mixture de styles : des cottages anglais, des
haciendas mexicaines, des bungalows de nains...
Ici, architecturalement, rien n'est sacré.
En même temps, cette anarchie de styles
finit par construire l'identité de cette
ville."
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Le
ranch du Cowboy

(1)
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David
Lynch
: "Je
n'ai rien inventé, ce ranch existe, en
haut du Beachwood Canyon. J'ai fait la scène
avec le Cowboy à l'instinct. Elle m'a été
inspirée par une idée et une question
: où sont passés les acteurs des
vieux westerns ? Où sont passés
les cowboys ? Ils ont tournés tellement
de westerns dans cette ville... J'aime les imaginer
assis en cercle autour d'un feu de camp, chantant
de vieilles rengaines cowntry, avec leurs chevaux
pas loin...
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(2)
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...Bref,
dans mon idée, ils continuent à
vivre leur vie de cowboys, là-haut, dans
les collines de Hollywood. Car ces acteurs étaient
souvent de véritables cowboys, à
l'instar de richard Farnsworth, l'acteur d'Une
histoire vraie. Où sont-ils tous maintenant
? Je n'en sais rien. Mais les lieux de western
existent toujours, et les cowboys doivent bien
exister aussi, quelque part."
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